dimanche 27 novembre 2011

Juste énorme


A l'image de la station, cette expérience a été énorme de part ce que j'y ai fais, appris et de part les gens que j'y ai rencontré...

Après avoir quitté la pension pour chevaux, j'ai donc poursuivi ma “western adventure” dans une station de l'outback. Les stations sont ces énormes fermes d'élevage. J'ai travaillé dans cette station en tant qu'helper, c'est à dire que j'étais nourri et logé mais pas rémunéré, ce qui me convenait parfaitement car c'est vraiment une expérience que je voulais vivre en Australie et l'ambiance n'en est que plus conviviale. Au final j'ai quand même été payé, parce que même si Jorgen a un vrai accent de fermier du bush pas facile à comprendre, c'est vraiment un mec cool et il tennait à me récompenser pour le coup de main. En même temps c'est vrai que ça n'a pas été de la tarte comme on dit.

Bref, reprenons... Il y a bientôt trois semaines j'ai quitté Perth en bus de nuit, l'unique bus hebdomadaire déservant Mount Magnet, ma destination, à 550 kilomètres au Nord-Est de la capitale du Western Australia. Jorgen m'attendait à la station d'essence (et de bus) à 4h30 du matin et nous sommes directement parti chercher 800 litres de fuel à 300 kilomètres de là, à l'aérodrome le plus proche, pour approvisionner le petit avion qu'il utilise pour bosser. Puis nous sommes rentré à la fameuse station qui s'étend sur 100 000 hectares (j'ai fais les conversions dans toutes les unités possibles, ça reste vraiment énorme) et où se promènent pas moins de 3000 moutons Moreno et quasiement autant de chèvres Billy. Et me voilà retombé dans une ferme du bush!


Comme dans toutes les fermes, on y fait beaucoup de mécanique. Une de mes premières tâches a été d'aider à réparer les motos-cross qui remplacent les chevaux pour rabattre le bétail. Ca enlève un peu de charme au métier mais c'est quand même beaucoup plus pratique surtout pour un mécanicien de formation comme Jorgen. Sinon je n'ai jamais changé et réparé autant de roue de toute ma vie, les vieux pneux et le bush épineux ne font pas bon ménage, ça éclate comme les ballons à la fête foraine.
J'ai également participé à la construction et la réparation de plusieurs kilomètres de clôtures, dont l'alignement des piquets est très important et vérifié grâce au fusil à lunette servant normalement à tirer les dingos.

Pour la partie plus “cowboy”, nous avons passé quatre jours à changer tous les moutons d'enclos qui ont une superficie moyenne de 80 km². Réveil avec le coq et le soleil à 4h30 pour être au rendez-vous avec l'avion à 5h du mat. Après une petite heure de cartographie et de stratégie, la traque peut commencer.
Trois motos-cross, un ute 4x4 et un avion, ça devrait être facile avec tout ça me direz-vous... Et bien certaines fois le rabattage a duré jusqu'à 8 heures les jours où le climat n'était pas en notre faveur. Le vent joue beaucoup car les moutons remontent naturellement face au vent et les fortes chaleures qui atteignent souvent plus de 40° fatiguent le bétail qui ralentit et s'arrête à l'ombre de chaque arbre ou buisson.
Lors de ces journées j'ai souvent conduis le ute. Il sert de marqueur à l'avion, de transport pour la moto de secours et de récupération des jeunes, des bléssés ou des malades qui n'arrivent pas à suivre le rythme. On force ces pauvres bêtes à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres entassé les uns contre les autres en plein cagnar, certains ne survivent pas jusqu'à l'arrivée.
J'ai aussi quelque fois conduit la moto-cross mais ca demande plus de technique. Il faut d'abord regrouper les moutons éparpillés dans le bush aux quatre coins de l'enclos. L'avion nous guide par talkie-walkie pour trouver les bêtes puis en slalomant entre les arbres il faut les rabattre vers le troupeaux. Une fois au complet, il faut continuellement encercler le troupeaux en le poussant vers le portail et se lancer à la poursuite des plus téméraires qui tentent de s'échaper.
Ensuite on met en place les pièges à moutons autour des abreuvoirs alimentés par les éoliennes des années 40. Puis quelques jours plus tard on revient pour charger les moutons dans le camion et les emmener retrouver leurs collègues.

On utilise également les pièges pour capturer les chèvres qui sont trop agiles et n'ont pas assez l'esprit grégaire pour être déplacées en grand nombre avec les motos. Et là c'est du sport! Un mélange d'Interville et de corrida, les Billies sauvages c'est parfois 60kg de muscle, des cornes de plus de 40cm et un caractère très bagarreur. Il vaut mieux toujours surveiller ses arrières et bien garder le tazer à la main. Mais ca nous a quand même valu des moments bien marrants, comme le rodéo sur chèvre ou encore de la lutte au sol, deux hommes versus une big fat Billy. “Fucking stupid animal” comme dirait Jorgen.


La partie la moins drôle de ce boulot est de traiter ou d'achever les moutons infecté par les mouches qui pondent dans leur laine. C'est vraiment pas joli à voir et l'odeur des cadavres qui pourrissent au soleil est vraiment écoeurante. Je pense que l'expérience à l'abattoire m'a pas mal aidé sur ce coup là. D'ailleurs, pour une coïncidence, il y a encore quelque temps Jorgen était en contrat avec l'abattoire T&R de Murray Bridge où j'ai bossé. Là je vois le tout début de la chaine et je comprend mieux où est-ce qu'ils trouvaient toutes ces bêtes à abattre quotidiennement.
Pour retourner à quelque chose d'un peu plus gaie, une autre partie du boulot consiste à libérer les animaux squatters tels que les kangourous ou les émus qui viennent boire dans les pièges et qui se bloquent dans les grillages. "Vas t'en loin, cours, cours petit naïf".

J'aurais voulu rester un peu plus longtemps pour participier à la tonte des moutons dans deux semaines, mais je pense que j'en ai vu assez (j'ai l'impression d'avoir le syndrome des deux-semaines-max-au-même-endroit). Et la fin de mon visa approchant, je veux avoir assez de temps pour trouver un lift et visiter la côte. Parce que c'est sympa les chevaux, les moutons et les chèvres mais le Western Australia possède de magnifiques plages et spots de plongée, ça serait dommage de rater ça.

dimanche 13 novembre 2011

Western me voilà! Yah!


Voilà j'ai quitté Sydney et la côte est pour aller faire un tour dans le dernier état d'Australie que je n'ai pas encore visité, le Western Australia.
Après une nuit à l'aéroport de Sydney pour attraper mon vol pour Perth à 5 heure du mat', j'ai eu le droit à un avion quasiement vide du coup j'ai pu squatter trois places pour ratrapper le sommeil je n'avais pas réussi à avoir sur les sièges rigides du terminal international.

Cinq heures et deux rêves plus tard, Terry m'attendait à la descente de l'avion, une demie heure plus tard j'étais dans l'écurie en train de nourrir les chevaux... Avant de partir de Sydney je me suis trouvé un petit boulot dans une pension pour chevaux, ce qui m'a évité de chercher directement un lieu pour séjourner à Perth, d'économiser les nuits dans un backpacker et de découvrir un nouveau métier, celui de palfrenier. Les journées de travail d'un palfernier se suivent sans interuption, 7 jours sur 7, 6 heures par jour et se ressemblent. Les tâches sont toujours les mêmes, nourrir les chevaux, les sortir, nettoyer les boxes, les nourrir à nouveau, les rentrer et balayer l'écurie.

Un jour, en bossant le nez dans le crotin, j'ai pensé à ceux qui disent “les chevaux c'est ma grande passion”... Je ne sais pas si quand ils disent ça ils prennent bien en compte tous les aspects du cheval, mais à mon avis à ce moment précis de ma journée on ne devait pas voir l'animal sous le même angle. Ils doivent plutôt le voir du dessus assis sur une selle ou depuis un canapé un ticket de PMU à la main et moi je le voyais plutôt d'en dessous, accroupit, avec un panier et une raclette comme seuls outils de passion. En tout cas je ne pensais pas qu'un être, aussi gros soit-il, pouvait quotidiennement larger autant de matière en se nourrissant uniquemnt de foin, d'herbe et de céréales.

Mais plus que la merde, ce qui est désagréable dans une écurie du western ce sont les mouches. Comme si les chevaux et le crotin ne leurs suffisaient pas, elles viennent se coller à nos yeux ou notre bouche. Et les mouches du western sont du genre assez tenaces. Il n'y a pas un jour sans que je ne me fasse pas un apéro surprise lorsque par mégarde je laisse ma bouche entre-ouverte un peu trop longtemps pour reprendre mon souffle. J'ai tenté le voile moustiquaire qui est assez efficace mais pas vraiment pratique pour bosser. Du coup je me suis resigné à partager mon visage avec ces foutus insectes mange-merde.
Puis quand vient la nuit ce sont les moustiques qui prennent la relève et les moustiques Ozzies nourris au sang d'équidé ça rigole pas. A croire qu'ils mènent une compet' à celui qui fera le plus gros bouton. Mais bon ceux-là ne me dérangent plus trop, je m'y suis fais depuis le temps.

Je ne pouvais pas bosser dans un centre équestre sans tenter de monter sur un canasson. Du coup j'ai fais mes premières ballades sur un cheval de plus d'un mètre vingt. Je n'étais pas très rassuré la première fois mais dès ma deuxième tentative j'ai envoyé du lourd, je me suis sentis comme habité par l'âme de Clint Eastwood et je m'imaginais chevauchant Tim le fougeux au grand galop à travers les paysages désertiques de l'outback. D'ailleurs je trouve que le photo l'atteste assez nettement, si on remplace le casque qui me fait une tête micro par une véritable chapeau de cowboy on se croierait en plein western isn't it ?! Bon ok, en vérité j'ai pas trop fais le malin, non pas que j'avais peur de l'altitude ou du caractère imprévisible de cette grosse bête mais parce que je n'étais pas sûre que ce bon vieux Tim était suffisemment en bonne forme pour suivre la cadence que j'aurais pu lui imposer... Voilà tout.


Sinon l'autre activité amusante de se travail est la conduite du quad dans le bush et à travers les enclos. On l'utilise pour tracter les remorques qui nous permettent de transporter le foin, le crotin et toutes sortes de choses à travers la propriété. Il y a aussi la piscine à disposition, ce qui est vraiment agréable après une journée de boulot sous une grosse chaleur.
J'ai également découvert une nouvelle sorte de douche, après toutes les douches roots prises jusqu'ici, la douche dans l'écurie apporte une nouvelle originalité à la toilette. Se laver en compagnie de Grizzy et de Finn est assez amusant bien que ces deux étalons ne soient pas très rassurant.

Un soir alors que je n'étais plus que le seul backpacker dans l'écurie, tous les autres touristes Français ou Allemands l'ayant quitté, Christine la boss et Terry son mari mon invité au resto chinois pour changer un peu des bons plats qu'avait l'habitude de cuisiner mon hôte. J'ai particulièrement apprécié le trajet dans le 4x4 avec la musique country à fond et le fameux titre de l'outback “G'day, G'day” chanté en coeur, on se serait cru dans un vieux film américain.

Enfin voilà, j'ai maintenant quitté l'écurie et pour continuer dans l'esprit western je me trouve maintenant dans une des fameuses "stations" australiennes de l'outback. Mais THE expérience australienne mérite un article à part entière alors je résumerais cette aventure prochainement...

jeudi 27 octobre 2011

9 mois et 23000 kilomètres plus tard...

Un grand jour que ce jour du 26 octobre 2011... Vous voulez savoir pourquoi ? On va dabord reprendre là ou j'en étais resté lors du dernier message.

Après avoir quitté le Rainbow Temple nous sommes retourné sur Brisbane pour retrouver notre ami steward, Mathieu qui était en ville pour deux jours. Heureuses retrouvailles qui se sont fêtées dans le luxueux cadre de l'hotel Hilton. La grande classe, nous qui nous étions habitué aux douches froides, aux toilettes sèches et aux lits sans matelats, nous nous sommes retrouvé à passer deux nuits dans une chambre 4 ou 5 étoiles au frais d'Emirates Airline. Cette chambre était tellement confortable que nous n'en sommes pas sorti la deuxième journée. Ce week-end est encore passé très vite et il a rapidement fallu dire aurevoir à notre poto qui se renvollait vers de nouveaux horizons. Quant à nous, nous avons retrouvé gaiement notre van 4 étoiles pour reprendre la route en direction de la vraie fausse capitale, Sydney.


Le lendemain nous avions parcouru les 900 kilomètres de côtes et étions enfin arrivé à la ville qui marquait le début de la fin ou du moins la fin d'une aventure et le début d'une autre. Notre principal objectif à Sydney était de vendre notre maison mobile et ainsi pouvoir prendre chacun sa route, Seif voulant retourner sur Brisbane et moi partir sur Perth, ville encore inconnue. Nous avons donc remis le van en état, ce qui nous a pris une bonne journée puis nous nous sommes installé dans Kings Cross le fameux quartier de Sydney célèbre depuis des années pour la revente de van. Nous nous sommes vite rendu compte que cette célébrité était effectivement bien fondée, vu le nombre de van “4 SALE” garé le long du trottoir. Et pour changer, 80% des vendeurs (et des acheteurs) sont français, a tel point que le quartier à officieusement été rebaptisé “French Cross” par les backpackers. Mais bon, y'en a marre des gitans qui se gare toute la journée dans la rue, joue au foot, font la cuisine ou de la musique sur le trottoir en face même des résidences où habitent des locaux qui aimeraient ne plus voir tous ces gispsys à travers leurs fenêtres. Nous avons vu passer quotidiennement des pétitions, des rangers, des flics et des journalistes qui tentent de mettre fin à ce joyeux marché de French Cross.

Enfin nous avons tout de même eu le temps de regrouper un maximum de français pour supporter les bleus face aux Gallois et aux Kiwis! Grosse ambiance devant les écrans géants de Darling Harbor en plein milieu de Sydney et encore une fois on entendait plus les Français que tous les autres. Mais ils sont fous ces Frenchies! Malheuresuement les peintures, drapeaux, maillots et klaxons n'ont pas suffit a faire remporter la finale mais celà n'a pas gaché mon week-end d'anniversaire qui a marqué un quart de siècle.

Et oui un anniversaire en Australie c'est aussi unique qu'un anniversaire en France, du coup ça se fête de la même manière. A ceci près que c'est la première journée d'anniversaire qui a commencée avec le levé de soleil sur la plage et qui s'est finie avec le levé de soleil sur la plage. Enchainée par une journée aux Blue Mountains, un parc national dans les montagnes à 100km de Sydney. La particularité de ce parc tient de ses forêts d'eucalyptus qui en propageant de fines goutelettes d'huile dans l'atmosphère rendent la lumière ambiante bleue. Magnifique!


Enfin revenons en au sujet principal qui fait de ce jour un jour particulièrement important, la vente du van! Et oui, après 9 mois et 23000 kilomètres nous voilà piétons. Nous nous sommes séparé de notre chère maison mobile qui nous en a fait voir des vertes et des pas mûres (parole de picker), qui nous aura fait passer de très bon moments comme de moins bon mais qui nous aura quand même amené à bon port et nous aura fait découvrir l'Australie de la meilleure manière qui soit. Cette époque me manque déjà.

Mais c'est pas fini, même à pied l'aventure continue mais maintenant en solo. Le duo de baroudeurs originaire du petit village de Fontenay-en-parisis se sépare pour que chacun puisse suivre librement son chemin. Mon compagnon de route est retourné à Brisbane aujourd'hui et moi je décolle pour Perth après-demain. Le Western Australia qui m'est encore inconnu devrait me réserve encore beaucoup de belles choses.

mercredi 5 octobre 2011

Coïncidences, coïncidences...

Encore beaucoup de choses se sont passées depuis mon dernier message. Il y a trois semaines j’étais à la recherche d’un boulot sur Brisbane et j’ai trouvé un job de récolteur de fond pour Oxfam, une entreprise de charité Australienne du type Unicef. Après une journée de formation présentant les projets de l’organisation et surtout la technique d’approche des donateurs, j’ai arpenté les rues de Brisbane en quête de signatures. Je me suis vite rendu compte que ce genre de boulot n’était pas fait pour moi. Bien que j’y ais mis de la bonne volonté et ais appliqué tant que possible les techniques d’accroche des passants, je n’ais fait aucune signature. Même si cela est à priori assez commun chez les nouveaux, ce n’est pas passé inaperçu et le faux gentil manager m’a renvoyé en fin de semaine.
Du coup pour fêter ça, Seif et moi sommes allé à un Festival de Reggae à Ballina, à 200 km au sud de Brisbane, notre premier festival en Australie. Et là commence la partie plus intéressante de cet épisode. Nous avons rencontré beaucoup de monde, locaux, backpackers et pour changer… des français. Ça a été un bon week-end musical et ensoleillé sur une très jolie plage. A la fin du festival, nos nouveaux amis nous ont proposé de nous faire découvrir un endroit atypique dans lequel ils logeaient depuis une semaine. Nous les avons donc suivi 50 km plus au nord dans les terres, en s’arrêtant au passage sur une colline avec une vue magnifique sur une baie où baleines et dauphins jouaient ensemble, pour atterrir au fameux Rainbow Temple.

Le Rainbow Temple est un lieu peu commun en Australie, c’est un temple zen construit entièrement en bois au milieu de la jungle. Ce lieu très peu connu par les gens qui ne sont pas de la région est en faite une sorte de gîte où la zenitude bouddhiste et hippie est omniprésente. En l’échange de quelques deniers et services quotidien nous sommes hébergés et nourris sur place. Nous aidons Guy, le propriétaire qui a mis 30 ans pour construit lui-même le temple, en faisant du jardinage, du balayage, du ramassage de bois ou de la peinture. Ce temple étant perdu au milieu de la jungle, parmi les oiseaux, koalas et serpents, la principale activité est la musique et surtout la guitare. J'ai profité des qualités artistiques des gens de passage ici pour m’améliorer un peu. C’est dingue le nombre de personne ici qui sait bien jouer de la guitare.

Guy nous a ensuite invité à un Rainbow festival à 120 km dans les terres, à Tabulam, dont le thème était la culture aborigène. L’évènement a eu lieu sur un territoire aborigène où une tribu vit le long d’une rivière sacrée utilisée entre autre pour la pêche à la lance. Ce week-end a encore été original avec les campements hippie façon années 70 et les étranges cérémonies aborigènes qui faisaient passer des messages de respect, de fraternité et d’amour. Le plus marquant a été lors de la première cérémonie aborigène qui racontait leur rapport avec la nature : le ciel était couvert depuis le matin et lorsque le conteur, dont le corps était peint selon la tradition, prit la parole, le soleil perça les nuages et illumina la colline où nous nous trouvions. Et quelques minutes plus tard, lorsqu’il commença à jouer du didjeridoo pour donner le rythme à la danse autour du feu, le vent se mit à souffler violemment et à faire claquer les bâches de la scène de concert. Alors coïncidences ou forces spirituels ? En tous cas ça a glacé le sang de tous les hippies qui assistaient à la scène.


Nous sommes ensuite retourné au temple avec toute la petite famille des quatre coins du globe. Nous avons brièvement recherché du travail dans la région dans les champs de noix de macadamia mais ce n'est pas encore la saison. Du coup nous avons quitté le temple avec deux nouveaux "mates" Français, Léo et Amandine et nous reprenons la route de Brisbane pour croiser Mathieu qui attéri demain et reste deux jours pour le boulot.

Pour la suite des aventures nous comptons descendre sur Sydney pour mettre en vente notre maison roulante et commencer la phase finale du voyage en tant que piéton. Que l'aventure continue!!

"Il n'y a personne qui soit né sous une mauvaise étoile, il n'y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel." Dalaï Lama

mardi 6 septembre 2011

Les vacances des retrouvailles


Me voilà de retour sur le blog après plus d'un mois sans news! La venue de Stef puis celle de Cécé dans la foulée ont fait que j'ai eu peu de temps pour aller sur le net et encore moins pour écrire un article. Mais les voilà tous deux repartis maintenant, Stef il y a dix jours et Cécé hier. On se retrouve donc à deux, comme celà nous est rarement arrivé, ce qui me donne un peu de temps pour mettre à jour le blog.

Ce mois est passé encore plus vite que tous les précédents. Je me rappel encore lorsque nous avons quitté la ferme de la région de Darwin pour traverser, en 4 jours, les 3000 km de bush qui nous séparaient de Cairns; lieu des retrouvailles. Nous y avons récupéré Stéfanie de retour de Bali et Cédric tout droit venu de France puis, sans perdre de temps, nous avons commencé la visite du nord de la côte est. L'extreme nord est très jolie avec ses longues plages bordées par la forêt tropicale. Nous y avons passé quelques jours avant de retourner sur Cairns pour profiter de l'ambiance festive de la ville avant le départ de Stef. 
A Cairns nous avons fait une excursion d'une journée sur la grande barrière de corail. Ca a vraiment été génial bien que nous n'ayons vu ni requin, ni baleine, ni tortue. Seif et moi sommes descendu à 12 mètres avec les bouteilles et nous avons vu des centaines de poissons tous plus colorés les uns que les autres dont le fameux poisson clown, “Némo” pour les non-connaisseurs. J'avais un peu l'appréhension du mal de mer car le climat était un peu venteux et il y avait 1h30 de trajet pour rejoindre le spot de plongée mais finalement ça c'est bien passé. On ne peut pas en dire autant pour Seif qui a rendu son petit-déjeuner à l'allée. Mais heureusement le reste de l'excursion s'est bien déroulée pour ce jeune matelot et il a vraiment apprécié la plongée.


Après avoir raccompagné Stef à l'aéroport nous avons pris la route de Brisbane qui se trouve 1700 km plus au Sud. Nous ne nous sommes pas trop attardé en chemin car nous voulions visiter la région de Brisbane pendant les quelques jours de vacances du touriste qui faisait maintenant route avec nous. Nous sommes donc passé par Nimbin, le village hippie d'Australie, Byron Bay, la ville bling-bling de la Gold Coast et par Surfers Paradise où nous avons... pas fait de surf car il n'y avait pas vraiment de vague et le temps était plutôt venteux et froid. Et oui nous avons perdu le climat tropical de Darwin, Brisbane est dans la zone tempérée et c'est actuellement la fin de l'hiver. On ne va quand même pas se pleindre, 24°C en hiver ça doit en faire rêver plus d'un.

Enfin voilà, Cédric est repartit et ça fait un peu bizar d'avoir revu temporairement quelqu'un de proche et de le savoir de retour à Fontenay. En tous cas il a apprécié ces vacances à la roots et les nuits dans le swag même si, malgré toutes nos tentatives de persuasion, il n'a pas prolongé son séjour ;)

Et maintenant voici revenu le temps de trouver du travail, parce que les vacances c'est bien beau mais ça coûte cher et particulièrement en Australie. Nous allons donc surement rester un moment dans la région de Brisbane.

mercredi 27 juillet 2011

De l'or en paille

Les bottes de paille c'est lourd mais on en fait pas tout un foin! Nous avons finalement trouvé un boulot après deux semaines de recherche et quel boulot! Ca fait deux semaines que nous bossons pour un paysan du bush à 100 km au sud de Darwin à côté du Lake Bennett. On ramasse des bottes de foin et c'est sans nul doute le plus dur boulot que j'ai fait jusqu'ici. On charge 120 bottes sur le camion, chacune pesant entre 20 et 30 kg puis on les décharge pour les empiler dans le hangar. On fait en moyenne 5 camions par jour et c'est vraiment épuisant. Les conditions de travail sont assez difficiles, la poussière et la chaleur rendent l'air étouffant, 35° à l'exterieur et pas loin de 40° dans le hangar. On n'a jamais été autant fatigué à la fin d'une journée de boulot. Mais même si nous avons les épaules, le dos et les mains en miette et les bras et les cuisses complètement éraflées c'est une experience encore plus intéressante que tous nos précédents boulots. Et ceci grâce à l'ambiance qui reigne au sein de la maison. Nous sommes hébérgés et nourris sur place. Nous avons établi notre campement dans le jardin, nous avons à disposition la douche “tuyau d'arrosage” et les toilettes sèches sans porte au milieu du jardin, se qui rend l'experience encore plus originale.


En plus de ça nous avons rencontré des pures ozzies du bush tous plus spéciaux les uns que les autres. Je dois absolument présenter les principaux acteurs. Tout d'abord, Scotty le conducteur de camion à un bras, qui s'est expatrié aux Philippines et qui conduit sont 4x4 à fond avec ses genoux tout en fumant sa clope et en buvant une bière. Ensuite, Wrigles alias « Papy hippy », le feignant de l'équipe qui passe ses journées à regarder le billard à la télévision par satellite alimentée par une batterie. Aussi épait qu'un clou, il ne se nourrit quasiement que de bière mais il est capable de construire une maison ou de démonter et remonter un moteur de voiture. Il y a aussi Joe l'édenté, dit le « Dutch », qui vit dans une tente au milieu du champ avec son petit potager, il est fan de jeux vidéo et a apprit la mécanique grâce à internet. Il a fuit l'armée Allemande dans les années 70 pour arriver 18 mois plus tard en Australie. Puis il y a Alex l'aigrit, originaire de Yougoslavie il est arrivé en Australie dans les années 70 à l'âge de 24 ans. Il élève des buffles dans la propriété voisine et vient gueuler de temps en temps à l'heure de l'apéro. Et enfin Merv le boss, petit mais costaud et qui s'arrête rarement de travailler. S'il n'est pas dans les champs, il est à la mine ou le nez dans un moteur ou encore sur le toit en train d'installer les panneaux solaires. C'est quelqu'un de vraiment généreux, il nous a accueilli chez lui, nous a offert un boulot bien payé, nous a parfois fait la cuisine, nous a preté tous ses outils pour retaper le van et s'est toujours rendu disponible pour nous filer un coup de main mécanique.

Depuis quelques jours le boss nous laisse ramasser les bottes à notre rythme histoire d'avoir le temps de bosser sur le van. Nous avons refais certaines parties de la carrosserie qui étaient complètement rongées par la rouille et nous profitons des compétences en mécanique de l'équipe pour refaire complètement le moteur qui ne nous permet pas de poursuivre le trip dans l'état actuel.
Un matin, Scotty nous a emmener pêcher dans l'Adelaide River, un coin très joli mais assez hostile. Le plus drôle n'a pas été la partie de pêche, même si elle n'a pas été mauvaise, mais le trajet à l'arrière du vieux pickup sur les routes de terre. Et aujourd'hui nous avons fait notre première rencontre avec le serpent le plus mortel d'Australie, il se tortillait à nos pied lorsque nous sommes descendu du camion.

Cet épisode « paysan » arrive bientôt à sa fin, Stéphanie arrive cet après-midi, nous allons l'accueillir à l'aéroport puis nous allons surement lui présenter nos nouveaux « mates » pour une immersion rapide dans la vie du bush Australien. Ensuite nous irons visiter la région et les différents parcs nationaux à la « Crocodile Dundee » avant de reprendre la route pour Cairns d'ici une semaine si tout se passe comme prévu.

jeudi 7 juillet 2011

Darwin la poisse!

Ca fait maintenant deux semaines que nous avons quitté Alice Springs et nous avons parcouru 1600 km vers le nord pour rejondre Darwin. En chemin nous nous sommes arrêté à Katherine pour visiter la région. Nous y avons vu nos premiers crocodiles et nous sommes baigné dans la rivière puisque c'était autorisé?! 

 
En fait on a apprit que les crocodiles d'eau douce n'attaquent pas l'homme en principe, par contre les crocodiles de mer oui. C'est pourquoi nous n'avons pas pu traverser les Katherine's Gorges en canoe car un joli croco de mer s'était égaré dans les parages. Nous avons également beaucoup apprécié la baignade dans les bassins d'eau naturellement chaude au milieu de la forêt tropicale.

Puis nous avons poursuivi notre route jusqu'à la "sympatique" ville de Darwin. D'une manière générale Darwin est une petite ville tropicale, assez jolie et dynamique avec une bonne ambiance et bien que la baignade soit interdite sur la plupart des plages il reste quelque jolis coins de sable chaud et d'eau bleue où l'on peut se tremper. Seulement c'est ici que les ennuis commencent... lors d'un concert pour célébrer le Northern Territory Day j'ai perdu mon téléphone qui m'était tant utile, notamment pour aller sur internet et mettre à jour le blog. Le lendemain Seif perd ses lentilles de contacts et deux jours plus tard on me vole mon portefeuille à la bibliothèque. Si ça c'est pas la poisse!  Heureusement j'ai toujours mon passeport et mon permis de conduire internationale, je ne suis pas (encore) clandestin en Australie. 

Sinon ça fait une semaine qu'on recherche du boulot, on passe la plupart de nos journées à la bibliothèque, on va finir par connaître les petites  annonces par coeur, mais c'est vraiment pas la bonne période pour travailler dans la région. Le picking ne commence que dans deux mois et les quelques boulots saisonniers en ville sont déjà occupés par la masse de backpackers venu profiter du climat tropical. Seul David, notre plombier anglais, a dégoté un super boulot dans ce qu'on appele "station", une énorme ferme d'élevage de boeufs, moutons, chevaux et kangourous.

La suite de notre aventure Darwinesque dans le prochain épisode...